Entre startups et entreprises publiques, existe-il une troisième voie ?

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💌 Vous et moi

Quoi de neuf dans les services (publics) ? Après les illusions perdues du “collaboratif” à la sauce californienne (vous vous souvenez : l’économie du partage 😜), la coopérative semble avoir le vent en poupe. L’originalité de la structure réside dans le modèle économique et la gouvernance. Chaque membre participe et possède une voix, qu’il ait mis 100€ ou 10 millions. La majorité des bénéfices doit rester dans l’entreprise. Depuis 2001, les SCIC (sociétés coopératives d’intérêt collectif) permettent d’associer salariés, clients et même des collectivités locales dans un cadre entrepreunarial.

Examinons ensemble ce qui semble représenter le meilleur des deux mondes.

🎯 Cette semaine

Commençons par une grande passion française : le train.

Dans le cadre de l’ouverture à la concurrence, tous les regards étaient braqués sur les trains verts de Flixtrain, le pendant ferroviaire de la startup d’autocars Flixbus. Allait-elle comme en Allemagne titiller l’opérateur historique ? Mais l’entreprise a jeté l’éponge, invoquant des coûts d’infrastructures (péages) trop élevés. FlixTrain renonce au marché ferroviaire français.

Et voici Railcoop, qui comme son nom l’indique est une compagnie ferroviaire coopérative. Elle vient de déposer très officiellement un dossier pour devenir un opérateur à part entière. Son ambition n’est rien moins que de rouvrir des lignes province-province délaissées par l’opérateur historique. La première sera Bordeaux-Lyon. L’entreprise promet de faire rouler trains de voyageurs et de marchandises sans subvention publique. La structure espère rassembler 1,5 million d’euros de la part de particuliers mais aussi de collectivités locales. Railcoop, la coopérative qui veut concurrencer la SNCF.

Vous connaissiez peut-être déjà Enercoop, la coopérative de fourniture d’électricité “verte” et locale ? La marque C’est qui le patron ? et ses 14 millions de consommateurs ? Des coopératives se sont développées dans de nombreux domaines : location, alimentation, presse, finances, et bien sûr mobilité… Elles forment ce qu’on appelle les “licoornes”, une alternative aux startups soutenues par le capital-risque et aux monopoles publics centralisés. Les licoornes, les coopératives qui veulent remettre l’homme au centre.

Ces projets permettent de substituer au paradigme “libre concurrence ou monopole ?” un autre paradigme : “centralisé ou décentralisé ?” Leur modèle hybride a de quoi séduire à l’heure des “entreprises à mission”. En engageant très en amont les futurs usagers-sociétaires, la coopérative crée avec ceux-ci une relation particulière à l’instar des projets “crowdsourcés” sur Ulule ou Kickstarter. Il y a fort à parier que les sociétaires deviendront aussi des soutiens actifs auprès des élu·e·s. Ces derniers sont d’ailleurs invités à participer au capital de la SCIC. Faire revivre le service public là où on en a le plus besoin et en s’appuyant sur des relais locaux.

Bien entendu, pour Railcoop être “coopératif” n’est pas un passeport pour la réussite : l’entreprise devra correctement recruter, investir, maintenir, produire, vendre,…tout en assurant un équilibre économique sur des liaisons concurrencées par le TGV, l’avion et l’autoroute.

Les “anticorps” jacobins et technocratiques de notre beau pays devraient également s’activer pour freiner l’aventure. Bref, une mission quasi-impossible pour cette “troisième voie” (sans jeu de mots)... Mais cet esprit pionnier fait du bien dans cette période et je tenais à les encourager.

À suivre.

🧐 Et aussi

À l’autre bout du spectre, ça bouge aussi. La livraison de repas n’en finit pas de se consolider sur fond de crise sanitaire et d’explosion de la demande. 2020 aura vu la prise de participation d’Amazon dans Deliveroo, la fusion entre Just Eat et Take Away sur le marché européen, et le rachat cette semaine de GrubHub, poids lourd américain, par le nouveau duo Just Eat-Take Away (j’espère que vous suivez). Livraison de repas : Just Eat ravit GrubHub à Uber

GrubHub est une application propose la prise de commande à distance aux restaurants ayant déjà leur service de livraison. Exactement ce qui a manqué à beaucoup de restaurants durant le confinement. La fusion avec JE-TA, qui assurent en plus la livraison, est un sacré pari car les modèles économiques de la réservation et de la livraison sont forts différents. À voir : GrubHub investor deck

Tout cela pourrait sembler assez périphérique s’il ne s’agissait pas de conquérir la relation entre le fournisseur et le client final. De la restauration à l’alimentation en passant par le commerce de détail, le commerce physique est à son tour “intermédié”.

Nous relations ici même les récents partenariats entre Deliveroo et les enseignes du groupe Casino (Franprix, Monoprix, Spar) et encore plus récemment Uber Eats et Carrefour. La distribution a besoin de toucher ses clients qui ne veulent plus venir en magasin; les plateformes de livraison ont besoin d’atteindre une masse critique d’utilisateurs et de produits à livrer. Le tout dans une activité où seul le consommateur semble gagnant pour le moment, chaque acteur perdant gros à chaque commande. Nous sommes bien loin des coopératives, mais ce qui se joue est important Uber Misses Out on Grubhub—But That May Not Be All Bad ($)

🤩 On a aimé

Une place de marché des vélos d’occasion qui garantit que ces vélos ne sont pas volés. On adore, forcément. BikeFair

Et si le bureau le plus cool du monde était une caravane dans votre jardin ? Un mini tiers-lieu ultra-local. Work from home, but have no room? Buy an Airstream RV

Pour les enfants il faudra attendre encore une semaine avant l’école à plein temps. D’ici là, on vous aide avec un condensé de chaînes YouTube pour… apprendre. YouTube learning

Et pour finir, une nouvelle newsletter à suivre sur les réseaux sociaux et le marketing numérique. Du haut niveau, et en français s’il vous plaît. In bed with tech

C’est terminé pour cette semaine !

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Stéphane