Ne me parlez plus de e-commerce

Taper sur Amazon ne suffit pas, il faut maintenant réinventer le commerce de proximité. Quelques conseils pour avancer. Newsletter #129

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💌 Vous et moi

La conférence n’est pas morte ! La preuve, j’en donne une ce matin mardi à 11h, retransmise en live stream dans le cadre de l’évènement Connect’in Lorient. Merci aux organisateurs qui continuent à produire des événements malgré le contexte 🙏🏻

Le thème sera “Mobilité, travail, commerce : l’impact combiné du numérique et du COVID-19”. Un condensé en quelque sorte des analyses que vous trouvez dans cette lettre depuis l’apparition dans vos vies des attestations dérogatoires et du gel hydro-alcoolique.

S’inscrire pour assister à la conférence ici.

Le direct sera accessible ici.

🎯 Cette semaine

De toute évidence vous n’avez pas résilié votre abonnement à la newsletter suite à ma tentative d’histoire du petit commerce à la sauce Astérix de la semaine dernière. Tant mieux, car cette semaine, le sujet revient sous forme d’un sondage que j’ai lancé en ligne (sondage sur Twitter sans recherche de représentativité aucune) :

Selon vous, qu’est-ce qui manque le plus aux commerces de proximité pour se mettre au e-commerce ? 4 choix possibles.

Près de 300 personnes ont répondu :

  • Un site web clé en main : 31,8%

  • Des données client : 15,4%

  • Un budget marketing et publicité : 17,1%

  • Des capacités logistiques : 35,8%

Comme souvent dans ce type de sondage, les répondants complètent et commentent leur choix. Ont été notamment cités le manque de “culture numérique”, de connaissances et d’envie des commerçants de proximité.

La totalité des échanges est à dérouler ici

J’aimerais revenir un instant sur les premiers résultats. Les deux réponses les plus citées sont les capacités logistiques et un site web. Les moins citées sont : le budget marketing et les données client. J’avoue être surpris par ces réponses.

En effet, un site web clé en main et des capacités logistiques “as a Service” sont sans doute les deux ressources les plus accessibles aujourd’hui. Quelle que soit la ville où se trouve le commerce, il est probable que ses clients aient au moins un compte Facebook, Instagram et Amazon. Cela donne déjà trois possibilités d’exposer sa marque, donner des nouvelles, montrer ses produits et interagir avec ses clients. Et ce sans formation particulière. Il sera toujours temps plus tard de créer de toute pièce un site avec Shopify ou Prestashop, mais cela n’a aucun intérêt pour débuter.

Idem pour la logistique : s’agissant de commerces de proximité, nous partons de l’hypothèse que leur local peut servir de lieu de stockage. La livraison peut être réalisée par le client lui-même directement au magasin (le fameux Click and Collect écorché par Ségolène Royal 🤡). Ces dispositifs sont très utilisés et permettent à des libraires, restaurateurs et commerçants de continuer leur activité. Si les commerçants souhaitent prendre en charge la livraison, de multiples acteurs comme les Triporteurs de l’Ouest sont à leur service, et livrent en plus avec des modes à faible impact carbone. Ces deux activités ont tendance à devenir des commodités : l’offre se standardise, elle est accessible et la compétition est suffisante pour ne pas avoir besoin d’en faire un élément différenciant. Les aspects techniques (site web et logistique) ne semblent pas déterminants pour démarrer.

En revanche, ce que les commerçants n’ont pas en perdant l’avantage de la présence physique, ce sont les moyens de faire savoir à leurs clients que leurs offres existent : des fichiers avec les coordonnées des clients existants et le meilleur moyen de les joindre à distance. En schématisant, le budget consacré au “pas de porte” et au local physique devrait être transféré sur de la visibilité et des actions en ligne.

Or ce sont les deux éléments les moins cités en réponse au sondage. J’y vois à la fois une certaine méconnaissance des réalités du commerce en ligne, mais également - et c’est inquiétant - une opposition entre le marketing “gentil” du petit commerçant de proximité (la vitrine, l’accueil, les goodies) et le marketing “méchant” des e-commerçants (la pub, le spam,…). Alors qu’il y a tellement de manière de créer du lien de qualité à distance et de ne créer aucun lien dans un commerce physique…

Est-ce à dire qu’il n’y a point de salut en dehors des plateformes si l’on veut vendre en ligne ? Pas du tout. Mais les commerces doivent travailler leur différenciation (marque, vision, exemplarité), leur audience et leur capacité à communiquer.

Je vous invite à découvrir deux exemples formidables que j’utilise souvent dans mes présentations.

👗 Le premier est la boutique de fripes vintage de mon amie Johanna Rolle, lancée il y a 10 ans comme une simple page Facebook alors qu’elle était encore étudiante. Le concept mixe maintenant boutique, atelier de création et site de e-commerce. Regardez ce qu’en disent ses clients : vendre par correspondance n’empêche pas de transmettre bienveillance, empathie et émotions.

🚲 Le second est l’exceptionnel vélo-café-atelierLook Mum No Hands que vous devez absolument visiter si vous passez à Londres.

J’ai analysé récemment pour des clients nantais la force de ce lieu qui est à la fois un commerce, une marque et un espace culturel. Ses fondateurs entretiennent la passion du vélo avec plusieurs communautés locales et spécialisées, dont ils assurent la domiciliation et l’accueil des manifestations. Les animations sont nombreuses également avec des projections, des conférences, et même des speed dating entre amoureux du vélo. Le tout est relayé en ligne dans un excellent blog et sur les réseaux sociaux. Il s’agit bien pourtant d’un commerce où l’on peut déguster un très bon lunch et faire du shopping pendant que votre vélo est réparé sous vos yeux. Prenez le temps de visiter leur site, abonnez-vous à leurs publications : vous verrez comment l’on peut tirer parti du numérique pour animer une communauté.

Si vous souhaitez découvrir l’étude complète que nous avons réalisée sur “commerces et communautés”, contactez-nous (concurrents s’abstenir).

D’accord, pas d’accord ? Réagissez ci-dessous ou par mail. Curieux d’avoir votre avis.

🧐 Et aussi

Et s’il suffisait d’analyser les micro-mouvements de votre corps face à la caméra quand vous tapez un message savoir ce que vous êtes en train d’écrire ? C’est l’expérience qu’ont mené des chercheurs américains, et les résultats sont glaçants. Je vous recommande carrément d’obturer votre caméra quand celle-ci n’est pas absolument nécessaire. This horrifying Zoom hack will deter you from ever side-chatting again

Parfois les polémiques ont du bon. Suite aux réactions à la réaction d’un élu 🧐 sur le lancement d’un service de cyclo-logistique à Strasbourg, un journaliste nous détaille tous les bienfaits de ce nouveau moyen de transport de marchandises en ville, qui plus est couplé à du transport fluvial. Les freins à l’innovation sont d’abord dans la tête. À dérouler. Etienne Goetz sur Twitter

🤩 On a aimé

Pourquoi faut-il monter un business en période de récession ? Ce post contre-intuitif du fondateur du plus connu des incubateurs de startups est devenu un classique, mais c’est toujours utile de le relire. Pour garder le moral en cette période ! Why to Start a Startup in a Bad Economy ?

Évidemment, tout le monde pense à l’exemple Airbnb, qui a démarré péniblement en pleine récession américaine et qui devrait prochainement entrer en bourse. J’avais à l’époque traduit le célèbre échange entre deux investisseurs au sujet de la jeune startup. Cela reste toujours l’article le plus lu de mon blog depuis 5 ans. Comment rater une startup à 30 milliards

“Ceux qui prédisent le futur sont appelés des futurologues, ceux qui savent quand il arrivera sont appelés des milliardaires”. Sinon, vous pouvez toujours regarder ma conférence pour récupérer des idées de startups à monter.

C’est fini pour cette semaine. Avant de partir, n'hésitez pas à partager cette lettre si vous l'appréciez, ou laissez un petit 💙 pour la route. Merci !

À la semaine prochaine.

Stéphane